
La première acquisition des Magnin fut un tableau du suédois Kraft. Cet achat signait l’originalité d’une démarche qui conduisit les deux collectionneurs à s’intéresser à l’art du nord de l’Europe.
Outre la Suède (avec notamment une vue du château de Drottningholm d’E. Martin), la collection comprend une trentaine d’œuvres anglaises, parmi lesquelles il faut signaler une composition crue de Hayman, Le Moine lubrique, représentative du style corrosif de l’époque de Hogarth.
L’école allemande est riche d’un petit nombre d’œuvres de qualité, spécialement du XVIIIè, pour lequel on compte une pastorale de J. Zick, un beau portrait de R. Mengs, un portrait mythologique de Guttenbrunn, artiste proche d’A. Kaufman.
Des peintures flamandes du XVIème siècle encore souvent anonymes , émergent les noms de Pieter Brueghel-le Jeune, J. Wtaewel, R. Savery.
Plus que les grands artistes du XVIIè siècle flamand et hollandais, les Magnin rassemblèrent des peintures souvent intimistes, d’artistes de moins grande renommée. Pieter Lastman, par exemple, le maître de Rembrandt, est présent avec un Saint Luc. Jacob de Wet, vraisemblablement élève de Rembrandt, peignit un luministe Jésus prêchant sur le lac de Tibériade. Un Saint Matthieu et l’ange, est caractéristique des visges “burinés” de Jan Van de Venne.
Une autre tendance est évoquée par les caravagesques d’Utrecht, dont le réalisme paisible et joyeux s'assagit à partir desannées 1630 : Le Festin des Dieux de Jan van Bijlert en est un bel exemple. Dérivé de cette esthétique, un pénétrant Portrait au fort clair-obscur est attribué à Mikael Sweerts.
En dehors des marines et intérieurs d’églises, tous les genres traités au Siècle d’or sont présents. Dans le domaine de la peinture mythologique, La Mort d’Achille, fut exécutée d’après un modèle de Rubens. Mais la collection comprend aussi, à l'opposé du baroque rubénien, Vénus apportant les armes à Enée et Bacchus et Ariane par Gérard de Lairesse, tenant, à la fin du siècle, d’un art classique et élégant.
La fascination pour la lumière italienne sur les artistes hollandais s’exprime dans la Villa italienne au bord de la mer, une lumineuse composition de Jan Weenix. Le Paysage boisé aux teintes argentées de Frederik de Moucheron s’imprègne d’une Italie repensée, typique d’une deuxième génération d’italianisants. Le Paysage vallonné de Jacques d’Arthois trahit plutôt l’observation des paysages de Rubens.
La Nature morte d’Alexander Adriaenssen s’inscrit dans la tradition flamande du début du siècle par sa composition en frise.
La bourgeoisie hollandaise aimait se faire portraiturer. Le Portrait de jeune fille, attribué par les Magnin à Cornelis Van der Voort, est d’une émouvante simplicité. La Femme à la coquille de Nicolas Maes est typique de sa production. L'illustration d'un poème sur le vin par Bartholomeus van der Helst, est le prétexte à un magnifique portrait de femme.